Boules de coton facon facon

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Un geste ordinaire…
 
Depuis ce matin, je reste le nez plongé dans mon mini pavé écolo (« 365 gestes pour sauver la planète » de Philippe Bourseiller aux éditions de La Martinière) , je lis, j’engloutis et je bloque sur le 11 mars. Le 11 mars, où l’on me parle de vêtements écologiques, oui et alors ??
 
S’habiller est un geste si simple, si ordinaire mais que pouvons-nous dire de l’impact écologique de ces chers et tendres vêtements sur notre petite boule bleue…
 
Différentes solutions existent comme le chanvre, le bambou etc… Mais vivant en Afrique je vais me focaliser sur la culture du coton bio, évidemment ! Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, n’est-ce pas ?
 
Je serais la plus belle pour aller danser… Si, si !!
 
Ici au Cameroun, je pourrais même dire, ici en Afrique, l’usage veut que nous ayons notre propre couturier. Le mien s’appelle Duclair et apparemment, c’est un as sur la place de l’habillement " douala".
 
Vous allez me dire, « mais pourquoi un couturier ? » et bien tout simplement parce que hormis les pagnes de chez Vlisco et consort, il n’y a pas grand-chose à se mettre sur le dos ici. Alors à grands coups de surf sur le net et/ou de coup d’œil dans la garde robes des « coupines », on dessine, on invente, on copie les fringues à la mode du moment…Et cette démarche est aussi bien valable pour mon dressing de fashion-victim que pour la penderie de monsieur et de ti’Mowgly.
 
Pour les tissus, pas de problème, on se ravitaille à la Cicam ou bien au marché Congo ! Enfin, pas de problème, pas de problème, c’est vite dit.
 
Et oui, car pour une adepte du bio comme je peux l’être, ne pas regarder la traçabilité de la bête heu… Du tissu, ça ne se fait pas…
 
  • Au marché Congo : Aucune trace des producteurs, aucune trace des grossistes, bref côté qualité et surtout côté respects sociaux et environnementaux : Aucune info. Pas de surprise, nous nous en doutions.
  • La Cicam : Là on tombe sur un os… La Cicam ou Cotonnière industrielle du Cameroun ne fait pas partie du groupe des entreprises citoyennes… Loin de là d’ailleurs, puisqu’il y a quelque temps la population du quartier de Bassa à Douala a été surprise par une coulée de déchets verte provenant directement d’une des usines de la société de textile !
 
Si nous ajoutons à la médiocre qualité de production des tissus (teintures, tissages…), les effets néfastes de la culture du coton. Croyez-moi… Nous ne sommes pas prêts de faire « peau » neuve !
 
Enfin, moi, de toutes manières, je n’achète quasiment que du lin. Et oui, je suis folle, que dis-je, je suis raide dingue de lin ! Mais bon en même temps, vous avez déjà entendu parlez-vous de culture de lin bio en Afrique ?? Moi non, et oui simplement parce que le lin, ça se cultive dans des régions plus fraîches comme le Nord pas de Calais et mon dossier à moi… Il est censé évoquer ma vie en Afrique donc…. Parlons un peu de la culture du coton ;-)
 
Le coton, pas bon pour la peau… Ah ! C’est nouveau !
 
Le coton comme vous le savez tous et toutes est une fibre végétale appartenant à la famille des Gossypium… Cette fibre est transformée en fil qui est tissé pour fabriquer le tissu.
 
Aujourd’hui le coton est la fibre naturelle la plus produite dans le monde puisqu’elle représente près de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles.
 
Mais voilà, lorsque nous parlons de « fibre végétale » nous parlons également de pesticides chimiques et c’est là que ça se corse pour le coton…
 
Vous vous imaginez, vous, avec des vêtements en coton toxique. Oui… Le beau et doux coton toxique qui frôle, caresse, enrubanne toute la journée votre peau mais aussi celle de votre bébé, de votre mari, de votre famille ! Horreur, désespoir, nous sommes tous touchés et concerné par cette contamination !
 
En effet, la culture du coton traditionnel qui couvre seulement 2,4% de la surface agricole mondiale, utilise à elle seule 24% des pesticides vendus dans le monde.
 
Elle se situe au 3ème rang après le blé et le riz pour la consommation d’eau et intoxique chaque année un million de personnes. Et c’est sans compter les 22 000 ouvriers décédés à cause des produits chimiques utilisés.
 
L’OMS a d’ailleurs interdit la plupart de ces produits chimiques. Qu’en on pense que certains de ces produits contiennent même de l’arsenic, ça laisse songeur… Non ??
 
En réalité, la culture du coton est LA culture la plus polluante de la planète.
 
Une alternative de taille : Le coton bio qui limite les dégâts.
 
Et oui, je dis limite les dégâts parce que pour le moment, je ne parle que de la production de la fibre. La transformation est une tout autre histoire… Et une histoire belle et bien toxique, elle aussi. En effet, la transformation du coton bio passe par de nombreux traitements chimiques tels que le blanchiment au chlore, les teinture composées de métaux lourds… Pour ces différentes phases de traitement des label de qualité bio ont été créés : Öko-Tex pour la teinture et EKO, un label plus global délivré par Skal.
 
Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille de vous rendre sur le lien suivant 
 
En Afrique de l'Ouest, la culture biologique du coton, est apparue il y a une dizaine d'années. Après un démarrage plutôt intimiste, aujourd’hui, cette culture tente une percée sous l'impulsion d'Ong occidentales.
 
Le coton bio c’est ce qu’il nous / vous faut… j’vous jure !
 
La culture du coton bio agit de manière équitable à 2 niveaux :
 
  • Social : Respect des salariés,
  • Environnement : Respect de la fertilité du bio et de sa biodiversité / protection des nappes phréatiques de la terre.
 
Mais un problème économique majeur fait face à ce marché de niche : Un producteur de coton classique fait 3 fois plus de marge qu’un producteur de coton bio. Cela signifie qu’il faudrait une surface de production de coton bio trois fois plus étendue pour assurer les mêmes revenus aux paysans.
 
De plus, pour cultiver sans pesticide, il est nécessaire d’assurer une rotation des cultures, de désherber et répartir les engrais à la main, ce qui limite évidemment l’étendue des sols cultivés et donc, in fine, la production.
 
Par ailleurs, il est vrai que la part de rémunération des mains d’œuvre familiales sont 5% supérieures en coton bio qu’en coton classique mais cette différence infime n’est pas suffisante et la faveur va, encore et toujours, à la culture traditionnelle.
 
Autre avantage de la culture bio : La fin de l’exclusion des femmes dans le secteur agricole, puisque sans l’utilisation de pesticide, elles peuvent à nouveau travailler la terre.
 
Toutefois, aujourd’hui, malgré un manque à gagner à court terme, en matière de bénéfices, fort est de constater qu’à long terme, les avantages sanitaires et environnementaux de l’agriculture sans produits chimiques l’emportent…. Affaire à suivre donc…
 
D’autant plus que, face à l’émergence de la crise économique, nombreux pensent que la culture du coton bio pourrait sauver cette industrie…
La hausse des prix du carburant et des engrais, les infestations d’insectes et les dégâts causés au sol par les substances chimiques, conduisent à se poser la question suivante :
 
« Comment faisaient nos ancêtres, comment agissaient nos arrières grands parents? »
 
Ne connaissant pas les produits chimiques, ils devaient forcément pratiquer la culture biologique… Non ?
Il serait peut-être temps, de revenir aux sources, de revenir à nos origines… Bref retrouver nos racines naturelles ! C’est peut-être simplement ça, la clé de la reprise économique !
Oui, je sais, ma réflexion est un peu simpliste mais au moins, elle a l’avantage et le mérite de faire réfléchir… N’est-ce pas ??
 
Je conclus, tu conclus, il conclut…
 
Moins cinglantes, moins tranchantes qu’à l’accoutumée, ces quelques lignes, je l’espère, vous auront permis d’y voir un peu plus clair sur la culture du coton bio… Je souhaitais établir un petit état des lieux à ma façon sans tomber dans un couplet de stratégie politique, économique et financière (ouille ma tête !!)… Si vous désirez poursuivre cette discussion n’hésitez pas à ma contacter par mail.
En attendant, sachez que comme toujours avec le bio… Ce ne sont pas les pays producteurs qui en bénéficient le plus, hélas, mais bien les pays développés qui ont, eux, suffisamment de moyens pour investir…. À ce sujet d’ailleurs, je vous parlerais de nos approvisionnements alimentaires de seconde zone… Terrible… Digne d’un écrits d’halloween !! héhéhé !
 
En attendant, je m’en vais avec ti’Mowgly arroser nos « cultures » de coton bio made in « Nature et Découvertes »…Oui, je vous entends déjà d’ici… Nous avons osé exporter de jolies petites graines bio lors de notre retour de vacances en France !!! Oui, mais…. Ok nous n’avons aucune excuse…Pardon !!
 
Carole TARAN CAVE
 
agence web